La recette d'une bonne traduction

Tout premier ingrédient pour que la mayonnaise prenne, la précision du geste ! Conserver le sens de l’original peut parfois être aussi ardu que de marcher sur des œufs sans les casser, même si pour la mayonnaise il ne vous faut que le jaune ! Dans le domaine juridique et financier, les différences entre les législations et les aspects réglementaires, la terminologie employée en fonction des marchés peuvent tout simplement ne pas avoir d’équivalent et doivent alors être explicitées dans des termes évocateurs pour le natif de la langue cible.

Deuxième étape essentielle, le coup de main ou de fouet pour faire monter l’appareil, ce qu’on appelle le style ou le ton, la nuance, l’intention... bref, la petite bête qu’il faut savoir chercher, parce que c’est là qu’est concentré tout le message de l’auteur et toute l’authenticité de son propos. Là encore, c’est bien moins facile qu’il n’y paraît, certains ayant tendance à diluer beaucoup, là où d’autres concentrent ! Au final, le goût ne sera pas le même !

Un traducteur doit en fait savoir penser, réfléchir, ressentir, humer en double et jongler en permanence entre une langue et l’autre de façon quasi schizophrénique. Parfois, l’original veut dominer ou distordre le message de la traduction et c’est là que patatras….la sauce tourne au « mot-à-mot » ! Ce diable rouge pour tous les traducteurs !

À titre de conclusion, disons que traduire a davantage trait à gober, digérer et régurgiter les mots qu’à les transposer dans une autre langue. Pendant la phase digestive, toutes sortes de choses peuvent se passer. Au final, la version traduite doit devenir elle-même une œuvre originale, une composition propre au traducteur dans la langue cible, écrite par un expert du domaine et de la cuisine des mots.