La République tchèque – une terre d’opportunités !

Probablement peu de pays ont fait l’expérience de changements aussi rapides et profonds que ceux vécus par l’ancien bloc de l'Est suite aux Révolutions de velours ou moins douces qui ont eu lieu fin 1989, lorsque l'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Bulgarie se sont finalement affranchies du joug communiste.

Pendant 40 ans de communisme, la Tchécoslovaquie a perdu le statut d’un des 10 pays les plus riches et industriellement avancés au monde dont elle jouissait pendant l’entre-deux-guerres. Elle a vu son industrie progressivement stagner, puis baisser, alors qu’une main mise a été faite sur les sociétés des entrepreneurs privés ayant développées cette croissance afin d’être transformées en rouage de l’immense et lourde machine du Comecon.

Après la Révolution de velours, le Premier ministre Václav Klaus, sympathisant du régime Tatcher, et qui est désormais Président eurosceptique du pays, a passé des réformes économiques radicales, transformant le pays en une économie de marché libre en l'espace de quelques années. Ce processus a débuté par un programme de privatisations massives au sein duquel les sociétés anciennement nationalisées, en commençant par les restaurants et les bars, ont été vendues à des entrepreneurs privés, souvent étrangers, suivi par un torrent de joint ventures et de rachats étrangers, notamment celui de l’usine automobile Škoda Mladá Boleslav par Volkswagen (pas de chance, nous ne pourrons plus faire de blagues sur les Škoda !). Les étudiants en économie de l’Université de Prague ont profité de vacances de Noël prolongées cette année-là, car ils ne savaient absolument pas, tout comme leurs professeurs, ce qu'ils allaient apprendre ou enseigner le semestre suivant. Exit Marx, bienvenu McDonald’s. Pour la génération des étudiants, il s’agissait d’une période d’opportunités en or : étant donné que les demandes pour l’entrée à l’université dépassaient largement le nombre de places disponibles, de nombreux lycéens ont saisi l’opportunité de passer une année à apprendre autant de langues étrangères qu'ils pouvaient en emmagasiner dans leur cerveau, dans l'espoir que les capacités ainsi acquises pourraient leur ouvrir des portes vers des carrières prometteuses par la suite et leur souhait est devenu réalité. En effet, les diplômés en économie et commerce qui avaient quelques langues étrangères et un MBA dans leurs bagages ont décrochés des emplois très juteux dans les banques, les sociétés de publicité, les agences immobilières etc., formant ainsi une nouvelle génération de jeunes actifs connaissant une ascension professionnelle fulgurante et creusant l’écart avec les pauvres individus coincés dans le secteur public, pour qui ces changements notables ont été moins favorables. Dès lors, le pays est devenu de plus en plus fort, bénéficiant de l’excellence traditionnelle de certains secteurs (l’ingénierie lourde, les machines, automobiles, équipements de transport et bien évidemment, la bière !) et les qualités propres de ces personnes - adaptabilité, application, esprit d’entreprise, opportunisme, ainsi qu’un certain stoïcisme acquis de par leurs expériences difficiles – des qualités qui ont été récemment reconnues par S&P sous la forme d’une notation AA. L’implication française dans la région a été ravivée et marquée par la réouverture de l'Institut français en 1990, qui dormait depuis longtemps, et qui s'est depuis développé rapidement, avec la création d’une Chambre de commerce franco-tchèque (http://www.ccft-fcok.cz/fr/) en 1996, le rachat de Komerční Banka par la Société Générale en 2001, la création de branches ou succursales d’importantes sociétés françaises (Alstom, AXA etc.) et l’externalisation intensive de fonctions générales comme la comptabilité. Enfin, il y a Prague, une très belle ville qui offre une montagne d’opportunités pour les affaires comme pour les loisirs, même si la bière n’est pas aussi bon marché qu’elle l’était 20 ans en arrière !