Le traducteur est-il un artiste de la mise en page ?

Certes le traducteur est un virtuose du clavier informatique, un maestro du dictionnaire et une personne capable de comprendre au moins deux langues à un niveau assez poussé, mais c’est souvent chez nos clients, qu’il est considéré, à défaut, comme une bête de la mise en page, un génie du Word, un décodeur du PDF, voire un gourou du Powerpoint.

Certes ce sont des outils que le traducteur utilise, dont-il use et abuse parfois, mais ce n’est pas sa formation initiale, et l’informatique, pour les plus "anciens" d’entre eux, s’est plutôt invité de force dans la danse laissant la périlleuse tâche au traducteur de devoir les apprivoiser avec les moyens du bord (chaise et fouet, à l’ancienne !).

Il suffit de voir les mines des traducteurs se décomposer quand on annonce que la traduction à faire est « fourrée » dans un Powerpoint. Si le traducteur n’est pas attaché ou que la porte n’est pas verrouillée, il y a de fortes chances que celui-ci tente de s’enfuir.

Travailler sur un texte où il y a déjà une mise en page élaborée complique la tâche du traducteur, car il doit être vigilant à ne rien oublier (les boîtes de texte flottantes dans la marge peuvent être facilement oubliées quand on se concentre sur le corps du texte, par exemple.) et une mise en page assez fouillée peut polluer sa lecture du document et donc ralentir son rythme de travail.
Un graphique ou organigramme très (trop ?) détaillé va généralement piocher dans sa réserve de patience et dans son rêve d’enfance de devenir archéologue. Ou encore, un PDF avec un texte dense, imprimé avec une police assez petite va l'obliger à sortir sa loupe et ses tranches de concombre pour reposer ses yeux toutes les deux heures.

De nombreux traducteurs préfèrent « écraser » le document de base en insérant directement leur traduction par-dessus mais avec l’arrivée des différents formats de documents à traduire (doc, docx, xls, ppt, pdf, html, etc.) le traducteur doit dorénavant adapter sa méthode de travail au document qu’il en face de lui. Chose impensable il y a quelques temps !
Même avec des documents Word tout simples, les problèmes de numérotation automatique de paragraphes ou d’entête, voire de bas de page peuvent décourager certains traducteurs et faire naitre un sentiment de frustration chez d’autres.

De plus, l’arrivée des outils de traduction assistée par ordinateur (T.A.O) dans le milieu de la traduction renforce le sentiment de technicité que le traducteur doit affronter pour s’en sortir. Ces outils sont de plus en plus complexes et aiguisés et il devient très difficile pour le traducteur de s'en sortir seul face à de tels logiciels. La solution étant alors de faire une formation spécifique afin de sortir la tête de l’eau.

Donc lors de vos demandes, n'hésitez pas à fournir le document dans sa présentation le plus simple à traduire. Vous pourrez alors y gagner en temps et souvenez-vous que les talents de mise en page sont plutôt des talents présents chez les graphistes, ça tombe bien, c'est leur métier !