JONGLER AVEC LES MOTS : le rêve d’une étudiante de Monash devenu réalité

Cela fait maintenant six semaines que j’ai l'opportunité d’observer le fonctionnement interne d’une agence de traduction reconnue et spécialisée. Dès le premier jour, les membres de l’équipe chevronnée et chaleureuse d'Over the Word ont été enclins à partager leurs connaissances et expériences sur la traduction et la relecture, mais également sur les caractéristiques et les ficelles du secteur en général.

Le dernier semestre de mon master prévoyait un stage en entreprise de six mois, et je suis on ne peut plus heureuse de vivre cette expérience au sein d'OTW. Lorsque l’on est une mordue de linguistique (au point d’être complètement obnubilée par la structure, l’histoire et les composantes du langage), jongler avec les mots chaque jour est véritablement un rêve devenu réalité.

En 2012, j’ai obtenu une licence de langues étrangères auprès de l’Université Monash de Melbourne ; les langues étrangères m’ont toujours passionnée, c’est pourquoi j’ai choisi d’étudier le français et l’espagnol avec une spécialisation en linguistique, et c’est ainsi que je me suis retrouvée au milieu d’autres mordus de linguistique (nous sommes en réalité très nombreux et nous fréquentons assidûment les bibliothèques, les librairies et… les agences de traduction !). Après avoir passée une année à Madrid à enseigner l’anglais, j’ai décidé de retourner en Australie afin de suivre un double master de Traduction française, né de la collaboration entre l'Université Monash et l'Université Jean Moulin Lyon 3 . En Australie, les études de traduction se concentrent principalement sur la traduction littéraire, touristique, publicitaire et le sous-titrage. En France en revanche, les métiers de la traduction sont abordés sous un angle plus pragmatique, en mettant l’accent sur des domaines tels que le commerce, la finance et le droit, ainsi que sur le rôle-clé des chefs de projets au sein des agences. À Lyon 3, la traduction juridique et commerciale a rapidement suscité mon intérêt et je suis aujourd’hui ravie de poursuivre mon apprentissage aux côtés d'experts du domaine. Le fait d’avoir suivi mes études dans deux hémisphères complètement différents, tant en termes de culture que de manière d’aborder la traduction, m’a permis d’adopter une approche plus réfléchie dans mon travail, ce qui, selon moi, est un réel atout.

Pour autant que je m’en souvienne, les langues m’ont toujours passionnée. Lorsque j’étais petite, j’ai rédigé un futur best-seller intitulé « Rachel’s Afrikaans Dictionary » (Le Dictionnaire anglais-afrikaans de Rachel), lequel se présentait sur trois feuilles de papier A4. La colonne A contenait les termes en anglais et la colonne B leur équivalent en afrikaans. Je demandais à mon père comment se disait tel ou tel mot et il m’en donnait la traduction pour que je l’ajoute à mon dictionnaire. Mon intérêt pour les langues a perduré tout au long du lycée et de mes études supérieures, et c'est à ce moment-là que j'ai compris que la traduction d'un mot de la colonne A par un mot dans la colonne B était en réalité très loin de ce qu’implique la traduction et la transposition d’une langue à une autre.

En effet, la traduction ne se limite pas à remplir machinalement deux colonnes. Mais alors, à quoi sert-elle et à qui est-elle destinée ? Quels sont les éléments ambigus ou sous-entendus dans la langue A qui nécessitent d'être clarifiés dans la langue B ? Pour moi, c’est là tout le défi (et le fun !) de la traduction : trouver des solutions créatives afin de transposer des structures, des concepts et des termes qui n'ont pas d'équivalent évident ou littéral dans la langue cible. C’est un des critères qui m’ont attirée dès le départ chez OTW : comme le souligne le site Internet de l'agence, la traduction se définit comme l'art et la manière de trouver des solutions en vue de faciliter une communication transparente.

Un peu avant la fin de mon stage chez OTW, je soutiendrai mon mémoire face à un jury de l’Université Lyon 3. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le « Rachel’s Afrikaans Dictionary » a probablement joué un rôle essentiel dans le choix de mon sujet. Mon intérêt pour la transposition des mots d'une langue à une autre a persisté tout au long de mes études supérieures et j'ai ainsi décidé d'effectuer des recherches sur la manière dont les théories de la transposition s'accordent avec la réalité des métiers de la traduction, et notamment dans les domaines juridique et financier.

Pour l’instant, mon expérience au sein de l’équipe chevronnée d’OTW surpasse mes attentes. Je me vois confier des tâches très variées telles que la relecture, la traduction, la mise à jour de mémoires de traduction et la réalisation de contrôles qualité. Chacune de ces tâches m'apprend quelque chose de nouveau, et je quitte le travail chaque jour avec la tête pleine de concepts à rechercher, de réflexions à mener sur les métiers de la traduction et de domaines sur lesquels me documenter. C’est l’une des choses que je préfère dans ce métier : il faut accepter de ne jamais cesser d’apprendre !

Rachel King