Les télétravailleurs chez OTW : 3 traducteurs partagent leur expérience


Au cours de la dernière décennie, le travail à distance ou « télétravail » est devenu une réalité pour des sociétés du monde entier, et aucun métier n'est mieux adapté à cette pratique que la traduction. Grâce à Skype, aux connections par VPN et aux courriels, les traducteurs peuvent rester en contact avec leurs collègues et les clients sans avoir à mettre un pied dehors. Découvrez ci-dessous l'expérience du travail « hors du bureau » racontée par trois traducteurs d'Over the Word.


Paul – Traducteur et Responsable de l’équipe anglophone


Je n’ai jamais rien gagné en pariant sur les courses hippiques, mais je me considère chanceux et je suis reconnaissant envers mon employeur de me faire suffisamment confiance (nombreux sont ceux qui ne le feraient pas) pour me permettre de travailler trois jours par semaine depuis chez moi en vertu d'un accord de télétravail qui est à présent inscrit dans mon contrat de travail. L'un des nombreux avantages réside dans le fait que j'ai maintenant beaucoup moins de chances de finir derrière les barreaux pour avoir vandalisé les infrastructures de la SNCF à cause de toute la frustration accumulée lors de mes trajets quotidiens sur les chemins de fer français. Plus sérieusement, éviter de passer 20 heures par semaine (au bas mot) assis dans un train, ou debout sur un quai gelé qui n'est chauffé que par la fumée de cigarette d'une foule de passagers énervés, fait des miracles pour la santé, le moral et la qualité de travail !

Le télétravail est à la fois un signe et un indicateur de confiance entre le salarié et l’employeur : un signe, car l’employeur ne convient pas d’un tel accord s’il n’a pas un minimum de confiance dans le salarié (pardonnez-moi, je sais pourtant que me flatter ne me mènera à rien !), et un indicateur, car l’efficacité de l’accord permettra de déterminer si l’employeur peut réellement avoir confiance dans le salarié et si l’accord sera prolongé, élargi ou abandonné.

Bien entendu, toutes les professions ne sont pas adaptées au télétravail : on imagine difficilement un guide de montagne décider de travailler de chez lui, à moins qu'il ne puisse proposer à ses clients une sorte de simulation virtuelle d'escalade du Mont Blanc, en leur tapant sur la tête avec un marteau pour leur faire ressentir la sensation unique du mal des montagnes ! Le métier de traducteur étant principalement sédentaire, il est particulièrement propice au télétravail, c'est pourquoi la plupart des traducteurs choisissent d’exercer ainsi, en se mettant à leur compte et en travaillant confortablement chez eux et même n'importe où ils le souhaitent (y compris, en théorie, au sommet du Mont Blanc).


Outre une relation de confiance entre employeur et salarié, il faut faire preuve de beaucoup plus d'autodiscipline et d'organisation que lorsque l'on travaille au bureau. D'abord, vous n'avez personne sur votre dos, personne pour vous dire « Aie l’air occupé, le chef arrive ! » et personne pour savoir si vous êtes réellement en train de travailler ou si vous regardez la télé en pyjama en sirotant une bière, sans oublier de taper d’une main de brèves réponses à vos messages Skype et courriels de temps à autre. Ensuite, les tentations sont grandes en étant à la maison : allumer la télé, préparer des litres de café, jouer du piano, écouter un CD, inviter des amis à jouer au Trivial Pursuit, etc. La clé pour maîtriser ces penchants, si le besoin s'en fait sentir, consiste à se fixer des objectifs précis pour la journée et à organiser son temps en fonction : élaborez un planning avant de commencer la journée et tenez-vous-y. Le fait d’atteindre vos objectifs dans les temps ou avec de l’avance vous procure une sensation d’accomplissement et peut même vous permettre de vous octroyer une pause… raisonnable, bien sûr !


Sabrina - Traductrice de l'équipe française

Mon mari a été muté il y a un an dans la ville qui nous a vus grandir. C’était une très belle occasion pour notre vie de famille, mais je ne voulais pas démissionner de mon travail. J’ai eu la chance de trouver un accord avec mon employeur et je travaille désormais pour la même société, avec les mêmes collègues, mais depuis mon domicile. Mes proches ont trouvé que j’étais vraiment chanceuse de pouvoir travailler de chez moi. Cependant, travailler à domicile requiert plus de rigueur qu’il n’y paraît. Bien sûr, on peut travailler toute la journée en pyjama, pas besoin de se dépêcher de faire son brushing et de se maquiller si on n’en a pas envie, mais il faut cependant respecter les horaires de travail et que le travail soit fait en temps et en heure pour assurer les livraisons au client. De même, on ne peut pas se dire « allez, je vais prendre un peu de temps pour faire des choses dans la maison ou me détendre un peu », parce que lorsque vous voulez récupérer cette heure le soir venu, les enfants rentrent de l’école et c’est la vie de famille qui reprend ses droits. Je dois quand même dire que c’est vraiment pratique et agréable de pouvoir travailler dans un lieu où on peut se concentrer sans que personne ne fasse de bruit autour de vous, surtout lorsque vous êtes en train d’essayer de traduire un concept pas évident. Vous pouvez aussi laisser des choses traîner sur votre bureau et personne ne vous subtilise (euh « emprunte sur une longue durée ») vos stylos préférés. En outre, vous ne traitez pas directement avec les clients, ce qui permet de gagner du temps en termes d’organisation de votre charge de travail sur la journée ou la semaine. En revanche, j’aime bien bavarder avec les gens, et c’est un peu tristounet de faire sa pause café seule ; bien sûr, je peux toujours « discuter » avec mes collègues par le biais de Skype, mais ce n’est quand même pas la même chose… et surtout les pots entre collègues lorsqu’il y a une occasion à fêter me manquent (enfin, c’est un bon point pour mon régime !). Pour résumer, le fait de travailler à son domicile est une expérience très intéressante au niveau de la qualité du temps que vous pouvez accorder à votre travail, mais il faut faire preuve de rigueur, ne pas se laisser distraire et vraiment cloisonner sa vie active et sa vie privée.


Rachel – Traductrice de l’équipe anglophone


J’ai récemment eu la chance de passer un mois dans ma ville natale de Melbourne, en Australie, tout en continuant à travailler pour Over the Word. La flexibilité offerte par le métier de traducteur m’a permis de travailler à plein temps pour l'agence, mais avec neuf heures d'avance !
Comme les traducteurs indépendants le savent déjà, le travail à distance présente de gros avantages : le confort et le silence de son chez-soi et un petit trajet quotidien entre la chambre et le bureau (avec un détour par la cuisine pour prendre un café). J’ai trouvé que le fait de travailler à distance depuis un tout autre fuseau horaire était très bénéfique, en particulier pour Over the Word et ses clients.

Étant donné que Melbourne a entre huit et dix heures d’avance sur la France en fonction de la période de l'année, Over the Word a pu tirer parti de ce décalage horaire en me confiant du travail le soir que je pouvais réaliser pendant que mes collègues en France dormaient, pour le livrer à 9h le lendemain matin. Ce travail « de nuit » s'est avéré particulièrement avantageux pour les clients ayant des demandes urgentes et souhaitant publier la traduction de leur document dès le lendemain. Le succès de cette petite expérience me fait dire que les agences européennes auraient tout intérêt à collaborer avec des traducteurs indépendants australiens (ou néo-zélandais !) dans le cadre de demandes urgentes de traduction vers l'anglais.